Pour reporter un dessin sur une plaque de linoléum, le papier carbone convient aux traits précis, tandis que le papier calque permet de contrôler le sens du motif avant le transfert. Une feuille enduite de pigment constitue une autre option réutilisable. Le choix dépend surtout du niveau de détail, du support et de la méthode de report d’image.
En bref
- Le papier carbone transmet un tracé net lorsque sa face pigmentée est placée contre la plaque et que le dessin est maintenu sans glisser.
- Le papier calque sert à inverser ou repositionner un dessin préparatoire, mais il faut vérifier le sens du motif avant de graver.
- Une feuille de papier fin enduite de pigment peut être conservée pour d’autres reports si elle est préparée séparément du dessin.
- Le poncif convient aux contours qui doivent être transférés par une succession de petits points plutôt que par un trait continu.
Les méthodes ci-dessous concernent le report sur lino marron, gris ou souple. Elles ne traitent ni de la gravure sur bois, ni de la taille-douce, ni du transfert d’image par impression jet d’encre. Aucun test pratique n’a été réalisé pour cet article ; les indications décrivent les procédés fournis et leurs limites d’emploi.
Comment choisir entre papier carbone et papier calque ?
Le papier carbone est adapté lorsque le dessin est déjà finalisé et que ses contours doivent passer directement sur la plaque de linoléum. On place la feuille carbone entre le dessin et le support, avec la face qui marque tournée vers la plaque, puis on repasse les lignes avec un outil à pointe non coupante. Une pression régulière suffit à transférer le tracé ; appuyer fortement risque surtout de creuser ou de marquer la surface du support.
Cette méthode réduit les étapes, mais elle rend le positionnement important. Une fois le dessin, le carbone et la plaque assemblés, un déplacement même léger peut produire un contour doublé. Il est donc prudent de maintenir les feuilles avec du ruban de masquage, posé sur une zone qui ne gêne pas le tracé. Le ruban doit stabiliser l’ensemble sans tirer sur la feuille lorsqu’on la soulève pour vérifier une petite zone.
Utiliser le papier calque pour contrôler le miroir
Le papier calque donne davantage de contrôle avant le transfert. Le dessin peut être tracé sur la feuille transparente, puis retourné pour examiner l’image inversée ; c’est utile parce que l’impression en linogravure apparaît en miroir par rapport à la plaque. Les lettres, les chiffres et les motifs asymétriques méritent une vérification dédiée avant que les lignes soient reportées.
Le calque peut aussi servir de support intermédiaire : il reçoit le dessin préparatoire, puis permet de le replacer sur la plaque dans l’orientation voulue. Selon le procédé retenu, les traits sont transférés en repassant le dessin posé sur le support ou en utilisant une autre feuille de transfert. La transparence facilite le repérage des bords et des axes, mais un papier trop fin se froisse et bouge plus facilement pendant le tracé.
| Méthode | Usage adapté | Point de contrôle |
|---|---|---|
| Papier carbone | Contours déjà arrêtés et dessin détaillé | Fixer les feuilles pour éviter les doubles lignes |
| Papier calque | Vérification du sens et repositionnement | Contrôler l’inversion du motif avant le report |
| Feuille pigmentée | Reports successifs avec une feuille préparée | Éviter de déplacer l’intercalaire en cours de tracé |
Pour un motif comportant du texte, le calque permet de contrôler le miroir avant de toucher à la plaque ; pour un dessin sans inversion problématique, le papier carbone demande moins de manipulations. Dans les deux cas, le contour reporté sert de repère de taille : il ne remplace pas la lecture des réserves, c’est-à-dire des zones qui resteront en relief et recevront l’encre.
Comment préparer une feuille de transfert pigmentée ?
Une feuille de papier fin, comme du papier pelure ou du papier de soie, peut être enduite de pigment pour servir d’intercalaire. Le pigment est appliqué sur une face à l’aide d’une poupée, c’est-à-dire un petit tampon de matière souple, ou d’une boule de coton. La couche doit permettre de marquer le support au passage du stylo sans former une poussière excessive susceptible de salir les mains, la plaque ou le dessin.
Pour procéder, placez la feuille pigmentée entre le dessin et la plaque, avec la face enduite tournée vers le support à marquer. Repassez le contour au stylo-bille fin, en gardant une pression régulière et en évitant les passages répétés sur la même ligne. Il est utile de fixer une partie de l’empilement avec du ruban de masquage, puis de vérifier une petite zone avant de poursuivre, afin de confirmer que le pigment est bien orienté.
Réutilisation et préparation d’avance
Une feuille enduite séparément du dessin peut être conservée et utilisée pour d’autres reports. Préparer plusieurs intercalaires avec des pigments de couleurs différentes permet de choisir un contraste lisible selon la teinte de la plaque. Le critère pratique est la visibilité du trait : sur une surface sombre, un pigment clair peut être plus lisible, tandis qu’une marque sombre se distingue davantage sur une plaque claire.
Une autre variante consiste à frotter le pigment directement au verso du dessin ou de sa photocopie. Elle évite d’intercaler une feuille supplémentaire, mais le document devient pigmenté et ne reste pas propre pour un autre usage. Pour un dessin comportant des zones serrées ou des hachures, la feuille séparée est plus facile à manipuler, car elle permet de distinguer le transfert des annotations originales.
Le papier transfert vendu dans le commerce peut aussi être envisagé, à condition de vérifier sa composition et son adéquation avec la plaque utilisée. La mention « non gras » ne suffit pas à établir qu’un produit convient à la linogravure ; il faut consulter les indications du fabricant plutôt que supposer que tous les papiers de transfert laissent la même marque. En l’absence de fiche produit vérifiée, la feuille pigmentée artisanale reste une méthode décrite, mais elle ne doit pas être présentée comme équivalente à un produit commercial.
La feuille pigmentée est particulièrement utile lorsque plusieurs copies du même contour sont nécessaires. Elle fournit un outil de transfert distinct du dessin, à condition de maintenir les couches stables et de contrôler le résultat avant de commencer la gravure en relief.
Quand le poncif est-il préférable pour un report de dessin ?
Le poncif transfère un motif sous forme de succession de points. Le dessin est posé sur un papier calque assez résistant, puis ses lignes sont perforées à intervalles réguliers avec une grosse épingle ou un outil à perforer. Pour éviter que la feuille ne se déchire, le poinçonnage se fait sur une surface souple, par exemple du feutre, plutôt que directement sur une table dure.
Une fois les perforations réalisées, le calque est positionné sur la plaque et maintenu. Un pigment peut ensuite marquer les points à travers les trous ; le principe consiste à déposer ou faire passer une matière colorante au niveau du motif perforé, puis à retirer soigneusement le papier. Les points servent de guide pour reconstituer le contour sur le support, à la main, avant la taille.
Choisir cette technique pour les tracés complexes
Le poncif est adapté quand il faut reporter un motif plusieurs fois ou conserver précisément une forme sans repasser chaque ligne avec une pression continue. Il peut être utile pour une composition avec des courbes, des repères d’alignement et des éléments répétés. À l’inverse, pour un dessin unique et peu détaillé, le papier carbone ou la feuille pigmentée demandent généralement moins de préparation.
La taille des perforations et leur espacement influencent la lisibilité du guide, mais aucun intervalle universel ne peut être donné sans connaître l’échelle du motif et la finesse de ses lignes. Des trous trop rapprochés fragilisent le calque ; des trous trop espacés rendent les courbes difficiles à suivre. Le choix se règle donc à partir des détails à conserver, sans transformer la perforation en ligne continue qui pourrait déchirer le papier.
Une feuille perforée peut être gardée pour un autre report si elle reste intacte et si son orientation est clairement repérée. Avant de la retirer de la plaque, marquez les axes ou les coins de positionnement sur une marge ; ces repères aident à replacer le poncif sans décaler les points. Le poncif donne ainsi un guide de placement, mais la vérification visuelle du motif reste nécessaire avant de creuser la plaque.
Comment éviter les décalages et les traces difficiles à lire ?
Un transfert brouillé vient souvent d’un empilement instable plutôt que d’un mauvais dessin. Le papier, la feuille carbone ou pigmentée, puis la plaque doivent rester alignés pendant toute l’opération. Un morceau de ruban de masquage posé en charnière sur un bord permet de soulever l’ensemble pour examiner le report, tout en retrouvant plus facilement sa position initiale.
Il est préférable de transférer d’abord quelques lignes éloignées les unes des autres, puis de vérifier que la marque apparaît au bon endroit et dans le bon sens. Cette vérification précoce évite de découvrir, après un tracé complet, que la face pigmentée était tournée à l’opposé du support ou que le motif a été inversé deux fois. Les zones sensibles, comme un mot ou une forme asymétrique, doivent être comparées au dessin d’origine avant que les feuilles soient retirées.
Adapter le contraste au type de plaque
Les plaques de lino ne présentent pas toutes la même couleur ni la même surface. Un trait de transfert doit rester visible sans masquer les repères de gravure ; un pigment trop proche de la teinte du support rend la lecture pénible, tandis qu’une couche abondante peut salir le dessin et les zones voisines. Le recours à une feuille intercalaire limite le dépôt direct de matière sur le motif original.
Sur un lino souple, fin ou légèrement friable, le geste de report doit rester modéré. Le transfert n’est pas une étape de taille et ne demande pas d’appuyer au point d’imprimer une rainure ; une pression excessive marque inutilement la plaque avant même l’usage des gouges. Si les lignes ne ressortent pas, vérifiez d’abord l’orientation et le contraste de la feuille, puis faites un essai local sur une marge qui ne sera pas gravée.
Quand le dessin doit être modifié pendant sa transposition, le calque est plus pratique qu’un carbone posé sur toute la surface. Il permet d’ajuster la composition, de vérifier les réserves et d’effacer ou redessiner le projet sur le papier avant un report définitif. Ce contrôle a une fonction précise : la taille d’épargne consiste à retirer les parties qui ne doivent pas recevoir l’encre, tandis que les éléments conservés en relief forment l’image imprimante.
La stabilité de l’ensemble, le sens du motif et le contraste des marques sont donc à contrôler séparément. Une feuille bien choisie ne compense pas un décalage ; un ruban bien posé ne corrige pas une image inversée. La vérification doit précéder le premier passage de gouge.
Quelle méthode retenir selon le dessin préparatoire ?
Pour un contour simple qui doit être transposé une seule fois, le papier carbone est le choix direct : il demande peu de préparation et suit fidèlement les lignes du dessin. Pour un motif asymétrique, un lettrage ou une composition à repositionner, le papier calque facilite la vérification du miroir. La feuille pigmentée devient plus intéressante lorsque plusieurs reports sont prévus ou qu’un intercalaire réutilisable est utile.
- Choisissez le papier carbone si le motif est finalisé et que le transfert doit suivre précisément ses contours.
- Choisissez le papier calque si l’orientation, l’inversion ou le placement doivent être contrôlés avant le report.
- Préparez une feuille pigmentée séparée si plusieurs transferts sont prévus et si le contraste convient à la plaque.
- Retenez le poncif si le motif doit être repéré par points ou reproduit en conservant ses positions relatives.
Ne pas confondre transfert et impression définitive
Le report d’image fournit un guide de gravure ; il ne détermine pas à lui seul le résultat du tirage. Les marques transférées doivent être interprétées en fonction des zones à conserver et des creux à évider. Un dessin préparatoire peut comporter des indications de construction qui ne doivent pas toutes devenir des lignes gravées.
La méthode dite du calque enduit d’un jus de couleurs à l’huile, très dilué à l’essence, est décrite dans un contexte de peinture comme une manière d’éviter d’introduire un produit étranger dans ses couches. Une démonstration est attribuée à David Gray dans les éléments documentaires fournis, mais cette indication ne constitue pas une validation de son usage sur une plaque de linoléum. Elle ne doit donc pas être transposée automatiquement à la linogravure, notamment sans information vérifiable sur le produit, son séchage et sa compatibilité avec le support.
Pour un transfert destiné à la gravure, privilégiez une méthode dont les composants et le résultat sont directement contrôlables : carbone, calque, pigment sec ou papier transfert dont le fabricant précise l’usage. Gardez la plaque propre et lisible, puis retirez les marques qui pourraient gêner la lecture lorsque le report est terminé, selon les recommandations du fabricant du matériau utilisé.
Note de méthode. Les procédés décrits sont issus des indications documentaires fournies pour la rédaction ; aucun tarif ni caractéristique commerciale n’est avancé. Aucun test pratique n’a été réalisé, et le procédé au pigment huileux est présenté comme une méthode décrite dans un autre contexte, non comme une recommandation vérifiée pour le lino.
Le papier carbone doit-il être placé face pigmentée contre le lino ?
Oui. Placez la face qui marque contre la plaque, puis immobilisez le dessin et la feuille afin d’éviter les doubles contours. Vérifiez le sens du motif avant de tracer entièrement.
Le papier calque inverse-t-il automatiquement le dessin ?
Le calque permet de retourner et d’examiner le motif, mais le résultat dépend de la manière dont il est positionné pendant le report. Contrôlez spécialement les lettres et les formes asymétriques avant de graver.
Peut-on réutiliser une feuille pigmentée ?
Une feuille enduite séparément du dessin peut servir à plusieurs reports si elle reste intacte et suffisamment lisible. La variante où le pigment est frotté directement au verso du dessin salit ce document et se réutilise moins facilement.
Le papier transfert non gras convient-il à toutes les plaques ?
Pas nécessairement. La mention « non gras » ne confirme pas à elle seule la compatibilité avec chaque type de linoléum. Vérifiez les indications du fabricant du papier transfert avant de l’utiliser.
Le dossier complet Plaque linogravure : lino marron, gris ou souple, que choisir
